Conférence en Moldavie : la CEPLI réaffirme le rôle essentiel des pouvoirs locaux intermédiaires pour la cohésion territoriale et l’intégration européenne

Du 18 au 20 mai 2026, une délégation de la Confédération européenne des pouvoirs locaux intermédiaires (CEPLI) s’est rendue en République de Moldova à l’invitation de l’Union des conseils de district de la République de Moldova (UCRM) et du district d’Ialoveni.

Cette visite de travail, consacrée à la réforme de l’administration publique locale et au rôle des Districts dans le processus d’intégration européenne, a constitué une occasion privilégiée pour la CEPLI de partager l’expérience des collectivités territoriales intermédiaires européennes et de rappeler leur contribution essentielle à la gouvernance démocratique des territoires.

Lors des échanges avec les autorités moldaves et à l’occasion du séminaire politique (en format hybride) consacré à la démocratie locale et à la cohésion territoriale, les représentants de la CEPLI ont souligné que les pouvoirs locaux intermédiaires constituent bien davantage qu’un simple niveau administratif. Situés entre les Communes et l’État, ils assurent une fonction de coordination, de solidarité et d’équilibre territorial qui s’avère particulièrement précieuse dans les périodes de transformation institutionnelle.

L’expérience des membres de la CEPLI démontre en effet que les collectivités intermédiaires disposent d’une capacité unique à rapprocher l’action publique des citoyens tout en garantissant une masse critique suffisante pour conduire des politiques publiques ambitieuses. Elles permettent de dépasser les limites d’une approche exclusivement communale sans pour autant éloigner la décision des réalités locales.

Dans de nombreux pays européens, les Départements, Provinces, Districts ou Comtés jouent ainsi un rôle déterminant dans des domaines aussi essentiels que les infrastructures, les politiques sociales, la santé, l’éducation, le développement territorial ou encore la transition écologique. Leur action contribue à réduire les inégalités entre territoires et à assurer un accès plus équitable aux services publics.

La CEPLI a également insisté sur l’importance du niveau intermédiaire dans le contexte de l’intégration européenne. Les collectivités territoriales intermédiaires constituent des partenaires privilégiés pour la mise en œuvre des politiques de cohésion de l’Union européenne. Grâce à leur connaissance des besoins locaux et à leur capacité d’ingénierie territoriale, elles sont en mesure de transformer les objectifs européens en projets concrets au bénéfice des citoyens.

Les discussions ont également permis de rappeler qu’une réforme territoriale réussie ne saurait se traduire par une recentralisation des compétences ou des ressources. Au contraire, l’expérience européenne montre que la résilience des territoires repose sur des collectivités intermédiaires fortes, dotées de compétences claires, de ressources adaptées et d’une légitimité démocratique reconnue.

C’est dans cet esprit que la CEPLI et l’UCRM ont adopté la Déclaration politique d’Ialoveni. Ce document fixe plusieurs priorités pour l’avenir : clarification du cadre juridique des Districts, renforcement de leurs capacités administratives, développement de leur aptitude à gérer les programmes européens, promotion d’approches territoriales intégrées et mise en place d’une force opérationnelle conjointe destinée à accompagner les réformes et à favoriser les échanges d’expertise.

Au-delà du cas moldave, cette déclaration porte un message plus large. Face aux défis auxquels sont confrontés les territoires européens, la cohésion territoriale, la solidarité entre espaces urbains et ruraux et la proximité démocratique demeurent des priorités essentielles. Pour la CEPLI, les pouvoirs locaux intermédiaires constituent l’un des instruments les plus efficaces pour répondre à ces enjeux et pour construire une Europe plus équilibrée, plus solidaire et plus proche de ses citoyens.

La rencontre d’Ialoveni a ainsi confirmé une conviction partagée par les membres de la Confédération : les collectivités territoriales intermédiaires ne sont pas un échelon du passé mais un acteur d’avenir, indispensable à la réussite des politiques publiques et au développement harmonieux des territoires européens.