L’attachement des Belges au territoire provincial

Trois géographes de l’université catholique de Louvain et de l’université d’Anvers ont étudié les mouvements des habitants dans notre pays.

La dimension provinciale serait déterminante en Belgique. En effet, les Belges restent très attachés au territoire provincial lorsqu’ils déménagent ou qu’ils se déplacent entre leur domicile et leur lieu de travail. Cette observation se base notamment sur le traitement de 250 millions de données.

L’analyse de ces données permet de définir dix groupes de communes où ces déplacements se pratiquent de manière intense et pour l’essentiel ces ensembles épousent les frontières des provinces. Seule la frontière entre la Province de Namur et celle de Hainaut semble plus poreuse ; ce qui s’explique par la présence d’un tissu urbain continu et d’une autoroute reliant les différents pôles. L’actuel Brabant wallon, lui, est davantage tourné vers Bruxelles.

La géographie provinciale perdure ainsi bel et bien dans les habitudes de nos concitoyens. Les trois géographes soulignent d’ailleurs que les limites naturelles des bassins de vie, que ce soit en termes de mobilité et d’emploi, sont celles de provinces.

Madame la Ministre a-t-elle eu connaissance de cette étude ? Le cas échéant, quels enseignements en retire-t-elle ?

Une telle étude ne plaide-t-elle pas en faveur d’une supracommunalité à l’échelle des actuelles provinces ?

28/12/2017

Réponse de Mme DE BUE Valérie

Comme l’honorable membre, j’ai entendu parler de cette étude de l’Université catholique de Louvain et de l’UAntwerpen sur les déplacements domicile-lieu de travail et les déplacements liés à des déménagements. Selon l’étude et pour la partie wallonne du pays, il apparaît en ce qui concerne les déplacements domicile-lieu de travail que :

–    le Brabant wallon et une partie du Hainaut sont tournés vers Bruxelles ;

–    le centre et l’est du Hainaut et ainsi que le territoire namurois forment une zone géographique unique de navettes       de travail ;

–    les territoires liégeois et luxembourgeois couverts par les navettes de travail correspondent plus ou moins au                territoire provincial.

Par rapport à la question des déménagements, l’étude ferait apparaître qu’il existe des zones géographiques beaucoup plus nombreuses et plus petites, car les citoyens ne déménagent généralement pas très loin préférant rester près de la famille, des amis ou des écoles.

Doit-on en conclure qu’il existe un attachement des Belges au territoire provincial pour autant ? Je ne le pense pas. Je suis plutôt d’avis que les déplacements-lieu de travail et les déménagements sont essentiellement liés à la question de la distance kilométrique et de l’emplacement des grands employeurs historiquement implantés dans des centres urbains comme Bruxelles, Charleroi ou Liège.

En ce qui concerne la réforme de la supracommunalité, je rappelle ce que j’ai déjà expliqué en Commission.

L’échelle territoriale à laquelle se développera la supracommunalité doit avant tout être décidée par les acteurs de terrain locaux. J’estime que la Région wallonne ne doit pas imposer d’échelle territoriale aux démarches supracommunales que l’on verra apparaître.

Il me semble par contre qu’il serait plus intéressant tant pour la Région wallonne que pour les acteurs de terrain locaux que l’on réfléchisse à un mode de gouvernance entre la Région et ces structures. Ainsi des questions plus pertinentes que l’échelle territoriale devraient dans ce débat être débattues au sein de ce Parlement par exemple la question du financement, de l’ouverture à la société civile ou encore celle de la mise en place d’une contractualisation entre la Région wallonne et les démarches supracommunales qui lieraient les parties dans la mise en œuvre d’un projet de développement de la Wallonie.

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